Incarner l’Être

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Il y a, au centre même de notre conscience personnelle, un germe spirituel qu’il nous revient de faire croître, par une concentration particulière de notre attention. Cette dimension spirituelle est notre “être intérieur”, l’être que nous sommes “en devenir”, la pure présence consciente qui, avant le début de la quête spirituelle, est le plus souvent voilée par le processus d’identification à la personnalité, ce qu’on appelle communément l’ego. 

Lorsque l’on parle de lâcher-prise, de détachement, de renoncement, de maîtrise de soi, de présence à l’instant présent, ce sont là autant d’expression qui traduisent la dynamique intérieure par laquelle notre attention est concentrée avec justesse, permettant le dévoilement de l’esprit et par conséquent, l’éveil de l’être qui peut ainsi réfléchir sa lumière en la conscience personnelle.   

Pourquoi souffrons-nous ?

Si cette lumière est en nous, nous souffrons justement du fait que nous l’empêchons d’illuminer la conscience et, à travers elle, toute la personnalité ; nous souffrons parce que nous laissons ce voile d’identification mentale s’interposer entre l’être pur que nous sommes et ce que nous croyons être à tort (l’ego).

Dit autrement encore, nous souffrons parce que nous nous laissons aveugler par des illusions, des représentations mentales qui empêchent notre essence de se refléter (s’incarner) en l’individualité sous la forme de la paix, de la joie, de l’amour, de l’émerveillement, de la gratitude, etc.

Ces états-là ne sont pas conditionnés par des actions extérieures, par nos conditions de vie ou l’attitude des autres. C’est pour cette raison que les “éveillés” peuvent rester centrés et maîtres d’eux-mêmes en toutes circonstances ; ils ont pleinement éveillé la présence de leur être intérieur. Libérés des fausses identifications au “petit moi”, l’ego, ils irradient autour d’eux la lumière de leur être véritable, raison pour laquelle nous ressentons en leur présence la paix et la joie.

Nous sommes nous aussi des “éveillés” en puissance, puisque nous somme l’être et que celui-ci porte en lui tous les fruits de l’esprit que nous souhaitons incarner pour vivre une vie épanouissante. Notre tâche, pour autant que nous y aspirions bien sûr, est de permettre à l’être de se manifester pleinement au travers de l’individualité. Là est tout l’enjeu de la quête spirituelle.

Pour cela, il convient simplement de se libérer de l’illusion d’être autre chose que l’être lui-même, en cultivant le juste positionnement intérieur, celui de la présence.

Comment se libérer de l’illusion de l’ego ?

Simplement en prenant conscience de ce que l’on n’est pas : le sentiment illusoire de “moi” qui résulte de l’identification aux impressions mentales, aux émotions, au corps, etc.

Lorsque l’on observe tous ces jeux d’énergie à partir de l’état de pleine conscience – celui de l’observateur-témoin qui est l’être lui-même – avec équanimité (sans jugement), alors, l’identification à ce que l’on croit être est effacée, au moins temporairement. Grâce à cette désidentification synonyme de dévoilement, l’être peut pleinement illuminer l’incarnation de sa présence et y refléter ses qualités : la paix, la santé, la joie, l’amour, la cohésion, l’ordre, l’harmonie, etc.

Nous sommes l’être, ici et maintenant, alors SOYONS, en étant pleinement présents à la réalité, telle qu’elle se manifeste, tant au niveau du corps que de l’esprit lui-même. Observons sans jugement les sensations, mais aussi ce « sentiment de soi » qu’on appelle l’ego.

Il n’y a rien d’autre à faire, mais qu’on ne s’y trompe pas, il s’agit tout de même d’un effort, un effort de concentration juste de l’attention, équanime.

Heureux les simples d’esprit, disait Jésus…

Être simple en esprit, c’est justement cela : observer, ressentir, prendre conscience, percevoir,… au-delà de toute impulsion mentale. 

Simple ne veut pas dire facile…

Si cela est simple, cela ne veut toutefois pas dire que ce soit facile, parce que nous avons été habitués à observer et ressentir au travers du filtre mental, dressant un voile entre l’être que nous sommes et la réalité de l’instant présent.

Ce mode de fonctionnement mental est tenace. Sans un effort de concentration juste pour observer toutes les formes que peut prendre l’activité mentale, nous nous laissons entraîner par le flot des pensées, et l’être (que nous sommes) ne peut illuminer l’âme et le corps.

Cette illumination n’est possible qu’à condition de percevoir avec équanimité tout ce qui appartient au domaine de la forme, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de soit, ce qui inclut l’activité mentale et le « penseur » lui-même, c’est-à-dire le « sentiment de soi » (ego), et l’ensemble des phénomènes plus « denses », comme les sensations corporelles (émotions, tensions, douleurs, mal-être, bien-être, etc.).

C’est là l’essence de la contemplation méditative, au-delà de toutes techniques, qui permet à l’être d’investir toujours plus profondément l’individualité.

Cet article a 2 commentaires

  1. Nadia

    Oui, Frédéric….
    Et c’est bien a partir de cette Conscience-là, que tout “ce qui se passe” en nous peut être inconditionnellement Accueilli, dans l’Amour et la compassion ET en toute connaissance de causes et d’effets…
    C’est ce qui transforme le plomb en Or. C’est ce qui guérit, libère et transmute.
    Et au-delà des mots pour le dire, c’est Aussi ce qui Rend cet OR a qui de droit…

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